dimanche 9 novembre 2008

Un soir, un concert : les belges branchés

Et donc, après le concert assez réussi de Why? la veille, me revoilà en route, le lendemain, avec deux amis cette fois-là, pour voir le concert de "présentation du nouvel album" de Soldout.

Si vous n'êtes pas belge, vous n'avez sans doute jamais entendu parler de ce duo prétendument électro. Si vous êtes originaire de notre plat pays, vous n'avez pas pu passer à côté du titre-carton I Don't Want To Have Sex With You qui a bien fonctionné dans tous les festivals il y a deux-trois ans. Il faut dire que cet électro qu'on sent issue directement du rock a mis tout le monde d'accord chez nous : des fans de rock ont accepté l'idée qu'on pouvait faire de la chouette musique sans guitares ni batteries, juste avec des claviers et des sampleurs.

Reste qu'on attendait une suite à l'album Stop Talking. Il a fallu longtemps, beaucoup de dates annoncées puis reportées pour arriver à ce The Cuts. Et si on avait encore des doutes, il ne faut plus se leurrer : Soldout est bien un groupe pop-rock. Simplement, il joue leur musique avec des instruments électroniques. Le concert à la Rotonde de ce jeudi l'a bien montré, l'écoute de leur album me le confirme.

Mais revenons à la soirée, c'est pour ça qu'on est là, je crois... Le concert est soldout, bien sûr, et il n'y aura pas de première partie. Le groupe se permet donc une demi-heure de retard, le temps de laisser à ceux qui arrive toujours en retard de ne pas manquer les premiers sons de claviers. Ils sont toujours aussi mignons tous les deux. L'ouverture du concert, qui est aussi l'ouverture de leur second album, The Call, le montre bien, Soldout n'a plus pour seule ambition de porter le public d'une salle en ébullition.

Soyons clair, le duo nous en met toujours plein les oreilles et joue toujours le jeu de l'électro qui claque. Que ce soit sur leurs titres les plus réussis du premier album comme I Can't Wait, You're Different, For Your Next Girlfriend et évidemment I Don't Want To Have Sex With You, surtout pour la montée toute en acide qui précède le morceau en live. Ou sur les morceaux tout récents comme The Box ou Come On. Ce dernier morceau est d'ailleurs symptomatique de ce qu'est en réalité Soldout. La deuxième partie du morceau, sur une piste différente du CD, est plus éloignée du rentre dedans de la première partie et est, selon moi, bien plus réussie. Soldout est capable de faire autre chose que leurs beats très secs et aggressifs pour faire danser, ils peuvent aussi installer des ambiances.

Mais c'est peut-être une ambition qu'ils n'osent ou ne veulent pas revendiquer. Néanmoins, quand Charlotte (la chanteuse) s'est quasiment excusée d'avoir joué deux morceaux moins dansants, j'avais envie de lui répondre : "Ne t'en fais pas, on est prêt à écouter autre chose". Bon, c'est vrai qu'il faut encore que le groupe trouve ses marques en live pour certains morceaux du nouvel album qui sonnent un peu vides par moments, c'est certain que la Rotonde n'est pas une salle idéale pour le genre de musique qui s'accomode bien mieux des endroits moins intimistes où les gens ont plus de libertés pour se lâcher, mais il n'empêche que j'ai été très content de revoir ce duo qui m'a apporté de tout grands moments musicaux et qui continuera à m'en apporter, même si ces moments seront, à n'en pas douter, différents de ce qu'ils ont déjà pu offrir.